30 mars 2007
L'actualité
Politique départementale d'aide au Beaujolais
Le 30 mars 2007, au cours de sa séance publique mensuelle, le Conseil général du Rhône a pris la délibération suivante :
« Notre assemblée a décidé, le 31 mars 2006, d’engager une politique volontariste d’aide au Beaujolais. Après plusieurs mois d’application, il est apparu souhaitable de faire un bilan de l’état d’avancement des différentes actions résultant de cette politique qui, je vous le rappelle, se décline selon deux grands axes :
1) L’aide à la restructuration foncière du Beaujolais :
La nécessité d’accentuer notre aide
Nous avons prévu une enveloppe de cinq millions cinq cent mille euros (5,5 M€) pour aider à la restructuration foncière du Beaujolais, rendue nécessaire par la suppression prévisible d’environ 3 000 hectares de vignes sur une période de trois ans.
C’est ainsi qu’une prime de 1 850 € par hectare de vigne arrachée est accordée par le Département. De son côté, l’Inter Beaujolais s’était engagé à verser la même somme, sous réserve de l’obtention d’un prêt de 5 millions d’euros.
Or, force est de constater que, si le Département du Rhône a versé les premières primes dès novembre 2006, l’Inter Beaujolais n’a pas tenu ses engagements et demande au Département de lui rembourser les sommes qu’elle consacrerait à l’arrachage.
Aussi, afin que les viticulteurs en difficulté ne soient pas pénalisés, il est souhaitable que nous prenions en charge la totalité de la prime, soit 3 700 € l’hectare de vigne arrachée.
L’incidence de cette mesure par rapport à nos précédentes délibérations est de l’ordre de 560 596,55 €.
L’accompagnement des exploitations
La profession agricole et viticole souhaite que des diagnostics technico-écono-miques des exploitations en difficulté soient réalisés. L’objectif visé est de permettre aux viticulteurs de déterminer la solution la plus adaptée à une évolution de leur activité, l’analyse pouvant les conduire éventuellement vers une réorientation professionnelle.
Afin de proposer des diagnostics à moindre coût aux exploitants, la profession sollicite le Département pour une prise en charge de 25 % du coût total de réalisation du diagnostic.
Il est proposé d’allouer une aide départementale dans la limite de 500 diagnostics, l’enveloppe prévisionnelle s’établissant alors à 225 000 €.
2) L’aide aux nécessaires adaptations de la filière viticole face à la crise :
La crise actuelle a mis de nombreux exploitants dans une situation économique très difficile.
Depuis plusieurs mois, les nombreuses rencontres et réunions avec les professionnels, les services de l’État et les établissements publics compétents ont mis en évidence le caractère structurel de cette crise qui nécessite, pour en sortir durablement et dans l’intérêt de notre territoire, qu’un véritable plan pour le beaujolais soit proposé et mis en œuvre.
LE PLAN STRATÉGIQUE :
Le comité de pilotage (présidé par le sous-préfet de Villefranche-sur-Saône, Monsieur Bernard Guérin) en charge de l’élaboration du plan stratégique réunit régulière-ment l’ensemble des acteurs de la filière. Plusieurs pistes de réflexion particulièrement intéressantes sont en cours d’élaboration et devraient être arrêtées dans les tous prochains jours.
Ces différentes pistes reposent sur une idée forte : « La nécessité de restructurer et d’innover pour que la filière vitivinicole traverse cette crise et se développe durablement ».
Ce plan stratégique correspond à nos attentes telles qu’elles ont été exprimées par notre délibération du 31 mars 2006. L’application de ce plan me semble de nature à faire évoluer et permettre l’adaptation de la filière vitivinicole beaujolaise pour traverser la crise actuelle. C’est donc avec la volonté d’accompagner les différentes qu’il est proposé d’utiliser l’enveloppe de 5 M€ affectée par délibération du 31 mars 2006.
PROJETS DE REGROUPEMENT :
Nous avons été sollicités par le Cellier des Saint-Étienne qui souhaite, en partenariat avec la cave coopérative du Bois-d’Oingt et un négociant, acquérir une structure commerciale existante dans le Beaujolais afin, notamment, de promouvoir et de valoriser leur production. Leur attention s’est focalisée sur la Maison Selles, qui emploie 70 salariés et qui commercialise 44,3 millions de bouteilles pour un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros. Les différents partenaires aimeraient finaliser cette reprise début juin 2007 mais, auparavant, ils veulent s’entourer de toutes les garanties et réaliser un audit financier de cet établissement. Le coût de cet audit est estimé à 25 000 € HT. Il est proposé que nous financions cette étude à hauteur de 50 %, soit 12 500 €. »
Le président du Conseil général du Rhône
La délibération a été adoptée à l’unanimité.
07 mars 2007
Vu dans la presse
"Vendre son vin, ce n'est pas inné, ça s'apprend"
Le lycée agro-viticole de Bel-Air, à Saint-Jean d'Ardières, se mobilise contre la crise économique qui frappe les vignerons français. Depuis la rentrée, le lycée dispense un module de marketing et de commercialisation à la centaine d'élèves et apprentis de la filière « viticulture-oenologie ».« Vendre son vin, ce n'est pas inné, ça s'apprend », témoigne Rémi, en deuxième année de bac professionnel. Avec sa classe, il revient tout juste d'Afrique du Sud où il a pu observer les méthodes de production et de commercialisation des vins du Nouveau Monde. « Tant qu'on sait faire du bon vin et qu'on se bouge, ça ne peut que marcher », poursuit ce fils d'un exploitant dans le Mâconnais. Résultat, l'établissement annonce que 100 % de ses élèves ont trouvé un emploi moins de six mois après l'obtention de leur diplôme. L'équipe pédagogique vient également de mettre au point une formation courte destinée aux professionnels, en partenariat avec la chambre d'agriculture du Rhône. Les exploitants apprendront à créer un site Internet, les techniques de vente à l'export et recevront des cours d'anglais et de culture vinicole sur les vins de France et du monde. De nombreux viticulteurs sont déjà intéressés.
Une offre compliquée et trop chère
Les vins français, confrontés à la montée en puissance des vins du Nouveau Monde, ont regagné l'an passé des parts de marché à l'étranger, récoltant les fruits de leurs efforts en matière d'offre et de prix, même si l'embellie demeure encore fragile. "Les résultats obtenus à l'exportations montrent que nous sommes dans la bonne direction. Nous devons avancer dans la voie des réformes engagées", a souligné à l'AFP, Louis Régis Affre, délégué général de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS). En 2006, les exportations de vins et spiritueux ont augmenté de 13% pour atteindre le niveau record de 8,74 milliards d'euros, avec notamment une reprise des ventes à l'international des vins tranquilles (non pétillants). Pour ces derniers, la France a repris ainsi deux points de part de marché (14%) aux Etats-Unis au détriment de l'Australie, l'engouement portant surtout sur les grands crus classés de Bordeaux et les Bourgogne. "L'économie du vin se réorganise. Je suis extrêmement optimiste pour les 25 prochaines années, le vin sera un de nos produits phare", a commenté Philippe Casteja, président de la FEVS. Deux millésimes "de belle qualité" en 2005 et 2006 et une baisse de prix "très significative (entre 20 et 25%) du fait de la crise" ont amélioré la compétitivité des vins français, relève M. Affre. La crise viticole n'est pas pour autant "derrière nous", relativise-t-il. La profession doit "poursuivre ses efforts sur la qualité et la lisibilité pour retrouver une compétitivité durable sur tous les segments de marché". Sur le plan de la qualité, des restructurations et de nouvelles plantations ont été effectuées pour obtenir des produits plus adaptés à la demande. Des "bassins de production" rassemblant les appellations et les vins de pays ont été constitués, au sein desquels tous les acteurs débattent des stratégies propres à chaque région et de la façon de valoriser les différents produits. Une nouvelle catégorie de vins, "Vignobles de France", a été créée. Ils sont produits à partir de vins de pays agréés en cépages (merlot, cabernet, etc.) et provenant de différentes régions. Auparavant, ces derniers n'étaient produits que dans leur région d'origine, ce qui les désavantageait face à leurs concurrents du "Nouveau Monde". Cette nouvelle offre permet de disposer de bases d'approvisionnement suffisantes pour mettre en place des stratégies marketing et des produits répondant aux attentes des consommateurs. Parallèlement, la réforme des Appellations d'origine contrôlée (AOC) engagée devrait aboutir à plus de rigueur pour y prétendre et à des contrôles stricts. Reste à améliorer les étiquettes jugées à l'étranger "incroyablement compliquées" avec des noms "impossibles à prononcer", souligne une étude de l'agence américaine Delaitte et Cie/Deussen. "Nous sommes considérés, tant aux Etats-Unis, qu'au Royaume-Uni ou au Japon, comme un vieux pays avec une offre compliquée, trop chère, snob, élitiste", souligne M. Affre. Autant "d'idées fausses" à combattre en donnant "une image plus moderne de nos vins" dans nos campagnes d'information. L'enjeu est crucial au moment où la consommation de vins en France baisse. Les professionnels vont ainsi se tourner vers les Etats-Unis - les Américains détrôneront les Français en 2008 comme premiers consommateurs au monde -, la Chine ou bien encore la Russie.

20 Minutes du 26 2 07
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PROTEGEONS NOUS!
"Il faut protéger ces sites de l'urbanisme outrancier. Si nous laissons nos villages se faire défigurer de la sorte nous serons responsables de la perte de notre identité !!!"
B.S
Manifeste "Beaujolais demain"
Lettre ouverte à ceux qui veulent préserver le Beaujolais
Si le Beaujolais est en crise, la plupart des autres régions viticoles françaises (à l'exception de la Champagne et des grands crus) le sont aussi. L'érosion des parts de marché due à la pénétration des vins du nouveau monde et la nette réduction de la consommation en France font qu'aujourd'hui le prix d'achat à l’hecto est en chute libre et ne permet plus à de nombreux viticulteurs de vivre normalement de leur travail.
Dans ce contexte, les acteurs politiques peinent à trouver des solutions efficaces à cette crise en dehors des aides à l’arrachage ou aux exploitations, d’une évolution des règles d’AOC ou d’une restructuration du vignoble... C'est bien dommage car notre viticulture, la diversité des produits et le savoir français (copié dans le monde entier) font partie intégrante de notre patrimoine :
- Avec une superficie de 876 200 hectares, le vignoble français représente en effet 2,8 % des surfaces agricoles et couvre 1,7 % du territoire.
- Avec 60 millions d'hectolitres produits chaque année, la France était "jusqu’à présent" n°1 des pays producteurs de vin à l'échelle mondiale.
- Avec quelque 189 000 emplois directement liés au travail de la vigne et du chai et l'emploi induit par la filière viticole dans des secteurs tels que la production de bouteilles, de bouchons, d'engrais et de produits phytosanitaires, de matériel de chai, sans compter la branche du machinisme et celle des produits oenologiques, la mise en marché du vin, auxquelles il convient d'ajouter les emplois liés au vin dans la distribution alimentaire et l'alimentation, la filière vitivinicole au sens le plus large occupe grosso-modo 800 000 personnes en équivalent temps-plein.
Quand on nous annonce la disparition probable d’un quart, voire du tiers des exploitations individuelles du beaujolais à une époque où le chômage est une priorité du pays, il ne faut pas appeler cela une crise, il faut appeler cela une calamité.
Quand nous voyons des jeunes formés dans les écoles de viticulture renoncer à exercer le métier de viticulteurs ou à reprendre une exploitation, il faut appeler cela du gâchis.
Quand nous voyons ce savoir-faire qu’on a exporté faire merveille et recette dans d’autres pays et inonder notre marché intérieur, il faut appeler cela un exemple.
Quand nous voyons cette belle région qu’on nous envie se transformer peu à peu en friches ou en cités-dortoirs à l’horizontale au fur et à mesure de l’arrachage des vignes, il faut appeler cela un désastre environnemental et touristique.
Quand nous voyons des restaurants parisiens afficher à la mi-novembre: « Ici, pas de beaujolais nouveau », il faut appeler cela un message d’alerte.
Quand nous voyons des clients fidèles revenir chez leur vigneron tout au long de l’année, il faut appeler cela du bon sens.
Il arrive un moment où il faut appeler un chat, un chat.
Il arrive un moment où il faut tout mettre à plat et poser le problème.
Poser le problème, c’est déjà un grand pas vers des solutions possibles et le retour à la confiance et à l’optimisme.
Le problème du beaujolais est aujourd’hui humain, économique, social, environnemental et doit mobiliser tous les acteurs concernés et pas seulement la profession.
Il est grand temps d’en prendre conscience avant qu’il ne soit trop tard.
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100% d'accord avec le manifeste
"J'habite dans une ancienne maison à proximité des nouveaux lotissements des Poutoux nord à Belleville. En lisant le manifeste, j'ai cru que c'était moi qui parlait. Je suis à 200% pour une action dans ce sens et je pense que toutes les municipalités doivent être tenues informées.
En voyant le résultat du massacre des lotissements à l'Ouest de Belleville ( maisons de toutes les couleurs sans limitations, devenir d'une cité dortoir,...), je dis: il faut arrêter!
J'encourage tout le monde à rejoindre ce mouvement."
B.C
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Protégeons le Beaujolais
"Je suis à 100 % d'accord avec vous. Cela fait 20 ans que j'habite Belleville et c'est impressionnant comme ça a changé, vers la déchetterie, le lac des Sablons, le lycée... et dans le Beaujolais aussi. Je comprends que M. FIALAIRE veuille faire prospérer notre ville, mais on ne se sent plus chez nous. Beaucoup d'étrangers (Lyonnais, Caladois...) s'installent chez nous car les prix sont attractifs, mais ils ne participent pas à la vie de notre commune. Certains disent que les conscrits sont nuls car ils ne font que se saouler... D'autres ne prennent même pas la peine de participer aux kermesses ou tournois scolaires... et nous, quand on voudra acheter sur Belleville car on se sent à 100 % bellevillois, qu'on aime notre ville et qu'on veut la protéger, on n'aura plus rien, on sera obligé de s'exiler.
Protégeons nos champs, nos vignes, et tout simplement notre patrimoine..."
C.S
02 mars 2007
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viticulture et environnement
"Ce qui grève le plus les budgets des viticulteurs, c'est l'achat des produits phytosanitaires, et du matériel agricole pour passer ces produits. Pour faire passer ces gros engins, on enlève les haies. On a arraché les pêchers de vignes.
Le beaujolais est extrêmement en retard dans le domaine des techniques de culture respectueuses de l'environnement. Il y a urgence à changer de méthode et d'arrêter d'arracher les bois pour les reconvertir en vignes ( voir l'évolution des paysages à Fleurie)."
C.B
